Génétique féline : les bases

Posté le 26 avril 2010

Génétique félineLes histoires de génétique ont toujours passionné les éleveurs « modernes » quelles que soient les espèces ou les races élevées. Chez le chat, la génétique est principalement utilisée dans la détermination des couleurs et des motifs de robes, et ce que l’on nomme communément « génétique féline » concerne donc pour l’essentiel la génétique des couleurs, même si elle est bien entendu applicable à bien d’autres domaines.

Aussi singulière qu’elle est simple dans sa globalité, la génétique des couleurs chez le chat répond aux règles de la génétique en général, même si elle comporte une particularité propre à Felis catus

Aux origines, l’ADN

L’ADN, qui répond au doux nom d’Acide Désoxyribonucléique, est une structure moléculaire composé de séquences de ce que l’on appelle les bases. Ces bases, au nombre de quatre, sont des protéines : l’Adénine (notée A), la Thymine (notée T), la Guanine (notée G) et la Cytosine (notée C).

Chaînées sous forme de séquences, les bases forment d’un côté des codons (lorsqu’elles sont regroupées par trois) qui sont eux-mêmes accolés dans des groupes appelés phrases, et de l’autre côté, entre chaque phrase, d’autres séquences dites régulatrices, qui permettent, comme leur nom l’indique, de décrire l’emplacement et le moment où les phrases doivent être lues.

Toute cellule vivante, et donc toute cellule constituant un organisme possède donc une suite de bases, formant ce qui est plus communément appelé code génétique, et qui contient l’intégralité des informations définissant l’individu dans son ensemble.

Un gène est donc une unité d’information génétique (un groupe de bases plus ou moins important) qui définit un caractère physique de l’organisme. L’ensemble des caractères physiques définit ce que l’on appelle le phénotype – l’apparence physique,  phénotype qui est régit par l’ensemble des gènes, appelé génotype.

La transmission des gènes

Lorsque deux parents donnent naissance à un enfant (on suppose ici avoir affaire à des individus à reproduction sexuée !), l’unique cellule formée à l’issue de la fécondation acquiert pour moitié le code génétique du père, et pour autre moitié celui de la mère, le tout de manière aléatoire évidemment.

Transmission des gènes

Cela signifie donc que chaque gène de l’enfant reçoit pour moitié ses informations du père, et pour l’autre de la mère : chaque copie est appelée allèle, les deux allèles formant ce que l’on appelle donc une paire d’allèles.

C’est l’interprétation de cette paire d’allèle, qui apporteront donc chacun une « version » du gène, qui va déterminer l’expression qui en sera faite :

  • Si les deux allèles affichent une version identique du gène, on dira que l’individu est homozygote sur ce gène
  • Si les deux allèles affichent une version différente du gène, on dira alors que l’individu est hétérozygote sur ce gène

Dominance et récessivité

Au-delà les différences ou similitudes entre deux allèles d’un même gène, il existe une notion de dominance qui va faire qu’un gène va s’exprimer ou non (ou tout du moins s’exprimer sous diverses formes).

La dominance, par opposition à la récessivité, est le rapport le plus simple entre deux allèles d’un même gène. Un allèle A1 domine un allèle A2 s’il s’exprime chez un individu hétérozygote A1A2.  On dit également que A2 est récessif par rapport à l’allèle A1 puisqu’il ne s’exprime pas quand A1 est présent !

En des termes plus simples, cela signifie qu’un caractère phénotypique (physique) déterminé par un allèle dominant s’exprime si l’un des deux parents au moins présente ce caractère. À contrario, un caractère déterminé par un allèle récessif nécessite que les deux parents présentent ce caractère (c’est par exemple le cas de la dilution chez le chat).

Par convention, les gènes dominants sont toujours représentés en majuscules, et les gènes récessifs en minuscule. On peut schématiser la transmission des caractères d’un gène par une table dite de Karnaught :
Table de Karnaught

Quelques exemples avec un gène que nous noterons G :

Père : GG (homozygote, s’exprime car dominant)  ×  Mère : gG (hétérozygote, s’exprime)
donnera 50% de GG (s’exprime, homozygote dominant) et 50% de Gg (s’exprime, hétérozygote)

Père : gg (homozygote, ne s’exprime pas car récessif)  ×  Mère : gG (hétérozygote, s’exprime)
donnera 50% de gg (ne s’exprime, homozygote récessif) et 50% de gG (s’exprime, hétérozygote)

Père : Gg (hétérozygote, s’exprime)  ×  Mère : Gg (hétérozygote, s’exprime)
donnera 50% de Gg ou gG (s’exprime, hétérozygote), 25% de GG (s’exprime, homozygote dominant) et 25% de gg (ne s’exprime pas, homozygote récessif)

Ces histoires de dominance et de récessivité sont très simples à appréhender, par exemple avec le gène « Agouti », noté A. Si ce gène s’exprime, le chat est donc agouti, c’est-à-dire tabby : son poil est « rayé ». S’il ne s’exprime pas, le chat a des poils unis, et donc sa robe sera uniforme et unie également, et la paire d’allèles du gène agouti sera donc aa (homozygote récessif). Par extension, cela signifie simplement que deux chats unis ne pourront forcément produire que des chatons unis !

Chat blotched tabby

Chat blotched tabby, porteur du gène Agouti

Codominance : le chat, un cas particulier

Chez le chat, la quasi totalité des gènes caractérisant les couleurs et les robes sont situés sur des chromosomes communs aux mâles et aux femelles : on les appelle des autosomes. Par opposition aux gonosomes, qui sont les chromosomes dits sexuels (notés X et Y : le mâle est le seul à être porter du gonosome Y et est donc noté XY, la femelle, elle, étant notée XX : les chatons issus d’un mariage sont donc forcément, en proportions égales, XX ou XY : la nature est bien faite !)

Il existe cependant une exception chez Felis catus, le chat domestique que nous connaissons : le gène roux (noté O). Ce gène particulier, qui a en outre la particularité d’être codominant avec sa version alternative le gène noir (noté O+), est par ailleurs situé sur le gonosome X ! En d’autres termes, cela signifie que si le mâle est soit roux, soit noir (puisqu’il ne possède qu’un seul gonosome X), la femelle peut être à la fois noire ET rousse puisqu’une version de chaque peut être apportée par chacun de ses gonosomes X !

Chaton femelle écaille de tortue

Chaton femelle écaille de tortue

La femelle peut en effet, grâce à ses deux chromosomes XX, être soit OO (c’est-à-dire homozygote sur le gène orange, donc rousse), soit O+O+ (c’est-à-dire homozygote sur le gène noir, donc noire), soit OO+ ou O+O (c’est-à-dire hétérozygote soit noire et rousse, couleur plus communément appelée écaille de tortue !) ; le mâle, lui, n’aura qu’un seul gène apporté par son unique gonosome X et sera donc soit roux (gène O), soit noir (gène O+)

Quelques rarissimes cas de mâles écaille de tortue ont été révélés, mais il s’agit très généralement d’aberrations génétiques, soit par trisomie gonosomale (chat XXY) et dans ce cas, le chat est stérile, soit par altération de la disposition des séquences sur les chromosomes (par exemple par duplication d’une partie du gonosome X).

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2 Réponses à “Génétique féline : les bases”

  1. caroline
    juil 29, 2010
    Reply

    bonjour,

    j’ai actellment une persanne silver shaded et j’aimerais absolument une calico d’une de ses portée savez vous de quelle couleur doit etre le male pour en obtenir ?

    repondez moi sur ma boite mail svp

    (mail supprimé)

    cordialement.


  2. Cédric GIRARD
    juil 30, 2010
    Reply

    Bonjour

    Suite à notre conversation téléphonique, et vu la couleur de votre mâle (silver lui aussi), vous aurez quelques difficultés à avoir des femelles calico (ndlr : tricolore noir/roux/blanc, soit écaille et blanc dans le jargon commun) !!!

    En effet, obtenir une femelle calico (ce sera d’ailleurs forcément une femelle, cf la fin de l’article) avec votre femelle nécessitera l’utilisation d’un mâle porteur de red (en d’autres termes, un roux)

    Si ce mâle est silver (ce qui de mémoire est le cas), et en supposant qu’aucun des deux parents ne soit silver homozote, vous aurez une chance sur 4 seulement d’avoir des chatons non silver.

    Ensuite seulement, on peut rajouter la notion de sexe, de particolore et de tipping (pour la notion de Shaded ou pas)

    nb : je ne suis pas (du tout ;-) ) un spécialiste du gène responsable du tipped chez le chat, car je n’ai pas cette couleur chez le maine coon (elle existe chez le sphynx mais demeure… impossible à détecter étant donné l’absence de poils !)



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